Constat. Apparet. Elucet. Liquet.

Constat veut dire : c’est une vérité démontrée et établie, par opposition à un songe creux, à un bruit incertain ; apparet, elucet et liquet signifient : c’est une chose claire et évidente. Apparet associe à cette idée l’image d’une apparition qui se détache sur un fond ; elucet, celle de la lumière qui jaillit de l’obscurité ; liquet, celle d’une eau qui dégèle et redevient limpide.

Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia.

1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une pratique. Consuetudo est l’habitude qui se forme d’elle-même, qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du peuple, dans ce qui leur est commode, έθος ; mos, les mœurs procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle-même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος ; ritus, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant en aucun cas une origine purement humaine. Les consuetudines n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur morale ; les mores ont reçu une sanction morale par un consentement tacite, de même que les jura legesque par une convention formelle ; les ritus existent naturellement et sont consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de l’être même.

2. Ritus, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par la nature ; cærimonia, même usage considéré dans ses applications au culte.

Contaminare. Inquinare. Polluere.

Contaminare désigne la souillure par son côté nuisible comme venant gâter ce qui était sain et utile ; inquinare, par son côté dégoûtant, elle défigure la beauté ; polluere, par son côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de ces trois verbes répond à μορύσσειν ; le troisième à μιαίνειν. Cic. Cæcil. 21, 70. “Judiciis corruptis et contaminatis.” “Les arrêts de la justice brisés et flétris.” Comparez avec Cœl. 6. “Libidinibus inquinari.” “Porter les marques affreuses de la débauche.” Et Rosc. Am. 26, 71. “Noluerunt in mare deferri ne ipsum pollueret, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur.” “On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les souillures.”