Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus.
1. Continuum, ce qui tient ensemble sans interruption, sans lacune ; perpetuum, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas avant la fin. Suet. Cæs. 76. “Continuos consulatus, perpetuam dictaturam.” “Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une dictature perpétuelle.”
2. Perpetuus, sempiternus et æternus marquent la continuité dans la durée : perpetuus, au sens relatif, par rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce qui dure autant que la vie ; sempiternus et æternus, au sens absolu, par rapport au terme du temps en général. Sempiternum veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec le temps ; æternum signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel, ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par grandes périodes, car “le temps n’est qu’une faible partie de l’éternité”, “tempus est pars quædam æternitatis”. Cic. Inv. I, 27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit, contenue dans æternus, ne l’est pas dans sempiternus, qui fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni commencement ni fin. Sempiternus renferme l’expression mathématique ; æternus, l’expression métaphysique de l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. “Barbarorum est in diem vivere, nostra consilia sempiternum tempus spectare debent.” “C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour ; nos plans doivent embrasser un temps indéfini.” Finn. I, 6, 17. “Motum atomorum nullo a principio sed ex æterno tempore intelligi convenire.” “Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant depuis un temps infini.”
- Contrarius, v. [Varius].
- Controversia, v. [Disceptatio].
- Contubernium, v. [Conjugium].
- Contumacia, v. [Pervicacia].
- Contueri, v. [Videre].
Contumelia. Injuria. Offensio.
1. Contumelia, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme l’affront ; injuria, atteinte au droit d’autrui, comme l’injustice. Un coup est une injuria en tant que je porte la main sur quelqu’un, et une contumelia en tant que je lui attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. “Contumelias quæ acerbiores principibus solent esse quam injuriæ.” “Les affronts qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les injustices.” Pacuv. dans NON. “Patior facile injuriam si vacua est contumelia.” “Je supporte aisément une injustice pourvu qu’il n’y ait pas d’affront.”
2. Contumelia et injuria sont des actions ; offensio et offensa marquent un état, à savoir : le chagrin de l’offensé, le ressentiment par opposition à gratia ou à delectatio. Cic. Att. III, 23. “Mihi majori offensioni sunt quam delectationi possessiunculæ meæ.” “Mes pauvres petites propriétés me donnent plus de peine que de plaisir.” Plin. Ep. II, 18. “Oportet me non solum offensas, verum etiam simultates æquo animo subire.” “C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes jalouses.”
- Conventus, v. [Concilium].
- Convertere, v. [Vertere].
- Convivium, v. [Epulæ].
- Convicium, v. [Maledictum].
- Copia, v. [Occasio].
- Copiæ, v. [Exercitus].
- Copiosus, v. [Divitiæ].
- Cordatus, v. [Sapiens].
- Corpulentus, v. [Pinguis].
- Corpus, v. [Cadaver].
Corrigere. Emendare.
Corrigere, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui veut redresser ou rajuster ; emendare, à la façon du maître expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin. Pan. 6, 2. “Corrupta est disciplina castrorum, ut tu corrector emendatorque contingeres” (le premier par sévérité, le second par sagesse). “La discipline avait péri dans les camps, mais tu devais paraître pour la restaurer et la rétablir.” Cic. Mur. 29. “Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut corrigendus potius quam leviter inflectendus viderere.” “Je puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que légèrement dirigé.” Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. “Non castigat errantes, sed emendat.” “Il ne réprimande pas ceux qui s’égarent, il les rend meilleurs.”