1. Lacrimare exprime la conséquence physique d’un mouvement de l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes ; plorare est l’expression passionnée de la douleur, comme θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve flere, qui a pour opposé ridere ; il a de commun avec lacrimare l’absence de passion, et avec plorare le ressentiment de la douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. “Nec sicci sint oculi amisso amico, nec fluant ; lacrimandum est, non plorandum.” “Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux soient secs, mais ne fondez pas en pleurs ; versez des larmes, ne criez pas.”

2. Lamentari et ejulare sont encore des augmentatifs de ploratus : lamentari marque, comme ϰωχύειν, un hurlement prolongé ; ejulare, un hurlement interrompu par des cris et des sanglots, comme ὀλολύζειν.

3. Plorare et flere sont intransitifs ; deplorare et deflere, transitifs.

Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum.

Lacuna signifie en langage poétique toute espèce d’eau dormante depuis la mer jusqu’à la mare ; lacus et stagnum, eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort : lacus, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à la mer, λίμνη ; stagnum, étang assez grand pour ne point ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière, τέναγος. Palus et uligo, eaux dormantes altérées et corrompues : palus, marais, contrée recouverte d’une eau corrompue, ἔλος ; uligo, fondrière, terrain pénétré par une eau corrompue. Le marais, palus, offre l’aspect d’une masse d’eau troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer ; la fondrière, uligo, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut enfoncer. Enfin lamæ et lustra signifient des eaux dormantes de peu de circuit : lamæ, de simples flaques, humides et boueuses, sur des routes ; lustra, des mares croupissantes qui blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs.

Lædere. Violare. Offendere.

Lædere, endommager, blesser, exprime une atteinte physique ; violare, faire violence, une atteinte au droit ; offendere, choquer, offenser, une atteinte au sentiment. Lædere se rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter ; violare, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à des ménagements ; offendere, à un être doué de raison et de sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. “Justitiæ partes sunt non violare homines, verecundiæ non offendere.” “Ne pas entreprendre sur les autres, c’est justice ; ne les choquer en rien, c’est délicatesse.” Sen. Ir. III, 18. “Pleraque eorum propter quæ irascimur offendunt nos magis quam lædunt.” “Nos colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que de ce qui nous nuit.” Const. 4. “Contumelia tantum delicatis gravis est, qua non læduntur, sed offenduntur.” “Une offense ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on les a choqués.” Ovid. Am. III, 3, 31. “Formosas superi metuunt offendere læsi.” “Les dieux craignent d’offenser la beauté qui les a blessés.”

Lævis. Glaber. Fricare. Terere.

1. Lævis, levis, lisse par opposition à ce qui est rude et raboteux, cela est joli et cause une impression agréable ; glaber, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils ou de cheveux, couvert d’une végétation ; cela constitue un défaut et cause une impression désagréable.