Il suffiroit, pour monter ce service, de 250 à 300 voitures, qui, en les supposant à 3000 livres chaque, feroient une somme de 750 à 900 mille livres.

Pendant leur construction, à laquelle moins d'un an doit suffire, on pourroit préparer, par une correspondance avec les départemens, les établissemens convenables à chacun d'eux, qui, pendant le même intervale, constitueroit ses postes aux chevaux en nombre et en force relative à leur exercice.

L'exécution de ce plan, confiée à Paris, à une administration zélée, qui dépendroit immédiatement du ministre des finances, qui se concerteroit avec les départemens pour toutes ses opérations, et qui conséquemment les dirigeroit sans obstacles vers le bien général, présente encore des moyens d'amélioration, entr'autres celui d'unir d'intérêt, dans chaque département, les maîtres de postes de la même route, pour leur faciliter le retour de leurs chevaux respectivement à charge, d'où résulteroit une économie dans le prix des courses: spéculation qu'avoient faites les compagnies qui s'étoient offertes, et dont il a été parlé.

De trouver, dans les cas de voyages extraordinaires des princes, ou dans ceux de la cour, des chevaux dans le département et au plus près, pour renforcer les postes, sans déplacer à grands frais, et cependant au dommage des maîtres de postes, les chevaux à trente, quarante, et même quatre-vingt lieues de distance.

De multiplier les moyens de transporter les lettres, et de prévenir les circuits qu'on leur fait faire aujourd'hui, avec le double inconvénient de la perte du temps et d'autoriser des sur-taxes.

Enfin, dans l'état actuel des choses, la poste aux lettres et les messageries, en se nuisant respectivement, pèsent sur les postes aux chevaux, les trois parties sur le public ou sur le trésor. On croit pouvoir assurer que les messageries seules ont coûté au roi, depuis 1776, de six à sept millions, soit par les sacrifices qui ont été faits dans cette année, pour jetter de la défaveur sur le plan de M. Turgot[[2]], soit par les indemnités accordées aux différens fermiers qui se sont succédés depuis. Par la réunion de ces trois services, et en se servant de l'esprit public et des connoissances locales que l'on peut attendre des départemens pour en diriger la meilleure organisation, ils s'aideroient respectivement, et procureroient au trésor de l'état, à l'administration, au commerce et au public, les plus grands avantages; ce que l'on ne peut raisonnablement pas attendre de deux compagnies séparées, armées de priviléges, et n'ayant à s'occuper d'en diriger l'exercice que vers leurs plus grands profits.

Apperçu des économies ou des augmentations du produit que présente le projet de la réunion des trois services des postes aux chevaux, de la poste aux lettres, et des messageries.

Voir cet article dans l'ouvrage de M. Necker sur l'administration des finances, vol. II, § 37.

Voir idem, le § 36.

Première économie. L'intendance de la poste aux chevaux supprimée, et son exercice remis aux départemens600,000 l.
Seconde économie. Suppression du secret450,000 l.
Troisième économie. Suppression des priviléges des maîtres de postes, au moins800,000 l.
Quatrième économie. Dix-huit fermiers de la poste aux lettres ou des messageries, qui peuvent être suppléés par dix régisseurs au plus; les employés des deux parties, soit à Paris, soit dans les provinces, qui peuvent être dédoublés; on ne croit pas exagérer en portant les bénéfices des uns et les appointemens des autres à1200,000 l.
Augmentation du produit des messageries servies par les chevaux de postes et de la poste aux lettres, en multipliant, par les voitures de messageries, les moyens de transport, et en prévenant tous ceux de frauder, que facilite le régime actuel3000,000 l.
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