—Monsieur, lui répondis-je fièrement, comme tout à l'heure à Robiquet, je n'accepte jamais rien des hommes.
—Pourquoi donc, mademoiselle?
—Parce que je les méprise.»
Là-dessus, la conversation s'engagea. Il tenait, disait-il, à me faire changer d'opinion, et il me demanda la permission de venir me voir. Je la lui accordai. Il me traita non pas comme une ouvrière, mais comme une femme de son rang. Je le trouvai original, car il prit la peine de me faire la cour. Ce procédé m'est allé au cœur, et je l'aime tout de bon. C'est bien réellement mon premier amour. Il y a six mois que cela dure. Bon! voilà que moi aussi je deviens triste. Décidément, Geneviève, tu engendres la mélancolie.
—Est-il beau? demanda encore Claudine.
—Non, mais il a de l'esprit. Et pas un défaut, c'est-à-dire qu'il n'est ni peintre, ni écrivassier, ni ivrogne.
—Et pas jaloux?
—Peut-être le serait-il; mais j'ai posé mes conditions. Nous avons passé un contrat sous seing privé. Je vais vous le montrer.»
Elle alla chercher le papier dans son armoire et lut:
«Nous, soussignés, Fossette et Léopold de Barnolf, unis par le caprice, ne croyant ni l'un ni l'autre aux amours éternels, et posant en principe que l'inconstance est aussi involontaire que l'amour, que le cœur se moque des serments aussi bien que de la raison.