Lucrèce ajouta, comme se parlant à elle-même:
«Quelque instruction, du goût, de l'esprit, piquante et fantaisiste? Cette Fossette plairait peut-être à Maxime. J'y songerai.
—Maxime! Et Pouliche?
—Il a de cette péronnelle par-dessus les yeux. J'ai mes projets sur Maxime. Veillez à ce que votre sœur ne les entrave pas. À propos, vous venez ce soir. Renardet m'a parlé de votre affaire; elle s'arrangera. Ne manquez pas d'amener M. Daubré.
—Un rival! repartit Lionel avec un accent jaloux. C'est de l'héroïsme que vous me demandez là.
—Lionel, dit Mme de Courcy en souriant finement, je connais votre projet de mariage avec l'aînée des demoiselles Borel. Je vous promets de ne rien faire pour l'entraver.»
M. de Lomas voulut protester.
«Oh! mon cher ami, un homme comme vous, exempt de tout préjugé, c'est si rare! Et puis réfléchissez-y: nous nous tenons réciproquement par la crainte de l'indiscrétion. Nous ne pouvons donc pas nous brouiller. Ce que nous avons de mieux à faire, l'amour s'éteignant, c'est de rester amis. Servez-moi comme je vous servirai à l'occasion.
—Moi, Lucrèce, je vous aimerai toujours; mais je vous montrerai que je sais pratiquer la générosité.
—À propos,... cet Albert Daubré?...