Madeleine sourit.

Béatrix prit un air sévère.

«Maxime, dit-elle, nous ne devons pas permettre devant nous des discours qui offensent la religion. Je vous remercie, monsieur de Lomas, de nous avoir indiqué cette chapelle; nous irons habituellement y faire nos prières, car nous assistons chaque matin à la messe de huit heures.»

M. de Lomas comprit qu'on lui donnait indirectement rendez-vous. Et il maudit son zèle religieux, qui allait l'obliger à se lever tous les matins à sept heures.

L'arrivée de M. et de Mme Borel coupa l'entretien.

M. Borel fut assez affable pour Madeleine. Mais Mme Borel affecta vis-à-vis d'elle une réserve un peu dédaigneuse.

Ce changement d'attitude de la part d'une famille qui l'avait si longtemps traitée sur le pied de l'égalité serra péniblement le cœur de l'institutrice. Mais elle se dit confiante dans l'avenir, que la carrière des arts ou des lettres la soustrairait bientôt à cette servitude.

Pendant le repas, elle fut triste, mais personne autre qu'Albert n'y fit attention.

Aussitôt après le déjeuner, on monta en voiture. Jeanne insista pour suivre sa mère. Comme Mme Daubré ne demanda pas à Madeleine si elle désirait les accompagner, l'institutrice resta seule, oubliée. Elle refoula les larmes qui lui vinrent aux yeux. Pourtant elle se consola vite. Elle allait du moins pouvoir se recueillir un moment et travailler un peu.

En passant au salon pour prendre un livre qu'elle y avait oublié, elle fut très-surprise d'y trouver M. Albert Daubré.