—Eh bien! si vous en trouvez l'occasion, dites-lui que c'est un indigne scélérat, et qu'il fera certainement mourir de chagrin cette pauvre Geneviève.»

Madeleine questionna Fossette, qui lui raconta l'histoire de la fille de Gendoux.

À ce récit, l'indignation contractait le visage de Madeleine.

«Dans ma position, fit-elle observer, je ne puis parler de cela à M. de Lomas. Mais peut-être un peu plus tard....

—C'est lui qui la force à nous quitter, je ne sais pourquoi: pour la faire mourir plus vite sans doute, parce qu'elle l'embarrasse.»

Madeleine et Fossette montèrent alors chez Christine. Là, un autre tableau non moins navrant les attendait.

La mansarde était petite, mais propre, quoique misérable. L'air et le soleil y pénétraient par la lucarne entrouverte, lucarne si étroite pourtant qu'une partie de la mansarde se trouvait plongée dans l'ombre. Quatre personnes vivaient habituellement dans ce réduit. Une fillette au doux regard, vêtue avec goût, presque avec recherche, assise sur un tabouret, tenait à la main une poupée de deux sous.

Christine, installée sous la lucarne, cousait des bonnets.

L'aïeule, paralysée du côté droit, se tenait dans un fauteuil de paille, les mains croisées et baissant la tête avec stupeur.

De temps à autre, Christine levait sur l'enfant des yeux rougis par les veilles et le chagrin, et poussait un soupir. Aux coquettes agaceries que lui faisait la fillette, elle ne pouvait répondre que par des larmes. On devenait toutefois à ses regards si tendres que cette enfant était sa passion.