—Oh! non, madame; mais, en vérité, je ne le puis pas, car ce secret n'est pas le mien seulement; il appartient à un autre.

—Je comprends. Votre histoire est celle de toutes les pauvres filles qui gagnent si péniblement leur vie, et ne sont pas toujours assez fortes pour résister aux tentations que les séducteurs étalent à leurs yeux.

—Oh! madame! s'écria Geneviève avec une fierté révoltée; vous vous trompez. Ce n'était pas l'argent qui pouvait me faire abandonner mon pays et ma famille: j'aimais....

—Et il vous a délaissée?

—Non, car il est généreux; pourtant je sens bien qu'il ne m'aime plus comme autrefois.

—Pauvre petite! Mais peut-être, si c'est un homme de votre condition, l'amènerait-on à vous épouser.

—Il n'est pas de ma condition.

—Est-il riche?

—Non, au contraire; mais sa famille, son éducation, tout le sépare de moi.

—Vous vous exagérez sans doute la distance qui existe entre vous. Si je le connaissais, je suis sûre que je le déciderais à vous épouser; vous êtes si charmante!»