Geneviève regarda Lucrèce avec quelque défiance, et crut deviner qu'elle ne la flattait ainsi que pour obtenir le nom de son séducteur.

Mme de Courcy entrevit ce soupçon.

«Eh bien! non, remettez à plus tard vos confidences, dit-elle avec bonhomie. Vous m'intéressez beaucoup. Je viendrai vous voir quelquefois; et..., lorsque vous me connaîtrez mieux...

—Oh! madame, interrompit l'ouvrière avec élan, je voudrais vous prouver ma reconnaissance en m'ouvrant entièrement à vous. Mais il faut que je sache s'il approuve cette confidence.

—C'est inutile, mon enfant, répondit avec quelque froideur Mme de Courcy. Je désire, au contraire, que vous ne parliez pas de tout ceci à M. de Lomas. Vous voyez que j'ai deviné votre secret.»

En disant ces derniers mots, elle observait attentivement Geneviève, qui ne put soutenir son regard scrutateur et baissa les yeux.

«En effet, poursuivit Lucrèce, il y aura beaucoup à faire pour convertir ce mauvais sujet. Toutefois, je ne désespère pas d'en venir à bout. Par exemple, il faudrait être un peu plus coquette, et faire valoir les charmes de votre personne.

—Je suis très-pauvre, balbutia Geneviève avec confusion.

—Je le sais; mais une résille vous coûterait moins cher qu'un bonnet. Ôtez-moi donc cet affreux bonnet!»

Geneviève obéit. Mme de Courcy lui enleva son peigne, et un flot d'or se répandit sur ses épaules.