Un nouvel ouragan se déchaîna contre Geneviève.

«Combien vos gâteaux, monsieur? demanda-t-elle.

—Je ne vends pas mes gâteaux aux petites chattes, je les donne.

—Je n'ai pas encore payé ma bienvenue, insista Geneviève, en tirant son porte-monnaie. J'ai cinq francs dix sous.

—Cinq francs cinquante, ce n'est guère pour porter des robes comme celle-là. Mais enfin, voyons, monsieur Édouard, que pouvez-vous nous donner pour cette somme?» demanda la demoiselle à repentirs.

Ici un débat s'engagea.

Pour trancher la question, il fut résolu qu'on apporterait des gâteaux assortis et deux bouteilles de sirop.

Ces cinq francs cinquante centimes étaient tout ce que possédait Geneviève; mais ce n'était pas acheter trop cher un peu de tranquillité.

Certes, Geneviève, comme ouvrière de fabrique, n'était pas habituée à une grande délicatesse de langage. Cependant un pareil cynisme la révoltait.

Sans doute, pour la fille du peuple, il n'y a pas d'innocence possible. Elle vit dans un milieu qui ne respecte ni ses oreilles ni ses yeux. Et la chute, considérée par les classes élevées comme un déshonneur irrémédiable, est à peine regardée, dans la classe laborieuse, comme une faute grave. Souvent même l'ouvrière, au lieu d'en rougir, s'en fait gloire et s'enorgueillit de la générosité de ses amants.