—Oui, monsieur.
—Oui! s'écria le duc stupéfait, presque irrité.
—Je l'ai dit à Mme de Courcy, et je n'ai pas d'autre désir que de le ramener à moi et de l'épouser.»
Le duc fronça le sourcil. Il craignit d'avoir été le jouet d'une mystification. Puis remarquant la candeur de Geneviève, il éclata de rire.
«Je vois que nous ne nous entendons pas du tout. En quels termes Mme de Courcy vous a-t-elle parlé de moi?»
Geneviève lui raconta sa conversation avec Lucrèce.
«Écoutez, mon enfant, il y a eu malentendu. Vous êtes peut-être une brave fille, et je ne veux ni vous tromper ni vous séduire. Je ne suis pas le moins du monde un homme occupé de bonnes œuvres, mais je suis moins encore capable d'une mauvaise action. Si j'étais jeune, j'entreprendrais peut-être de me faire aimer de vous, car vous êtes charmante; mais à mon âge je n'ai plus de temps à perdre. Je vous dis donc simplement: Si vous voulez tenir ma maison, je vous donnerai un hôtel, une voiture, une grande existence. Robes, cachemires, bijoux, vous pourrez vous passer toutes vos fantaisies. Je suis marié, sans enfants, et je vis séparé de ma femme. Voyez donc si cela vous convient.»
Étonnée, bouleversée par cette offre inattendue, Geneviève hésita un moment; mais elle fut vite remise, et, se levant fièrement:
«Non, monsieur, dit-elle, cela ne peut me convenir.»
Le duc la considéra, comme s'il doutait de ce qu'il entendait. C'était la première fois peut-être qu'il trouvait une femme rebelle. Piqué au jeu par cette résistance, il voulut insister, et lui prendre la main; mais Geneviève la retira vivement. Alors le duc, à son tour, se leva, et, la saluant avec déférence: