Géraldine rencontrait Maxime au Bois, au spectacle ou en soirée; ces jours-là elle disait à son mari d'une voix câline:

«Mon ami, ce soir vous avez congé. C'est Lionel ou c'est Albert qui m'accompagnera.»

Et M. Daubré allait tranquillement à la brasserie fumer sa pipe, boire son pot de bière et lire le Constitutionnel.

Avant de risquer sa demande en mariage, Lionel chargea Maxime de sonder le terrain.

M. de Lomas était à peu près certain de plaire à Béatrix et à sa mère. Mais il fallait l'assentiment de M. Borel.

Un jour que toute la famille, y compris la tante Bathilde, se trouvait réunie à déjeuner:

«Quel homme charmant que ce Lionel! dit Maxime. Vraiment, quoiqu'il ait peu de fortune, je serais très-flatté de l'avoir pour beau-frère.»

Béatrix rougit, mais elle adressa à son frère un regard de remerciement.

«Certainement, repartit Mme Borel, c'est un homme très-distingué. Et puisque vous appréciez son caractère, vous devriez l'imiter, Maxime; car où le voit tous les matins à la messe de la petite chapelle de la rue de Provence. Lui du moins sait allier aux manières et à la conversation du meilleur monde un esprit sérieux et une piété exemplaire.

—En effet, répliqua M. Borel, je crois m'apercevoir que depuis quelque temps il fait à Béatrix une cour très-assidue. Sans doute la piété et la distinction sont d'excellentes qualités, que j'apprécie comme vous; mais je me suis informé: il est complètement ruiné.