Une joie haineuse illumina la prunelle de Lucrèce.

«J'ai réussi! Mais je ne suis pas encore assez vengée. Car j'ai une longue rancune à satisfaire. Où demeure cette Fossette maintenant?

—Elle est partie sans donner sa nouvelle adresse.

—Sans donner son adresse! exclama Lucrèce avec désappointement.

—Oui, mais nous l'avons. Gorju, qui a l'esprit aussi fin que son ventre est gros, l'a fait suivre par son moutard, comme elle déménageait.

—Bon! et combien vous a-t-il demandé pour cela?

—Vingt francs.

—C'est raisonnable. Fait-il au moins ses affaires, ce Gorju? Son commerce va-t-il?

—Mais oui, il est content. Il ne peut suffire aux commandes qui lui arrivent de tous côtés. La mode des faux chignons fera sa fortune. Et il est bien situé, dans ce quartier de meurt de faim. Il paye une chevelure 2 ou 3 francs au plus, et il la revend 10, 20, 30, 50 francs même.

—Eh bien! où demeure Fossette? Car ce n'est pas assez de les avoir brouillés; je veux que, sous les yeux mêmes de M. de Barnolf, elle lui donne un successeur de notre monde. Que penseriez-vous de Maxime?