—Ah! que je vous remercie, madame Thérèse. Et les petits ont été sages?
—Oui, bien sages. Et l'autre n'a pas bougé.»
L'ouvrière sourit avec tendresse à ses deux enfants. Puis elle alluma sa lampe à celle des Gendoux et passa dans le réduit que nous avons décrit.
L'enfant dormait toujours. Elle le prit et le baisa. Mais son corps était roidi et son front glacé.
À ce contact, elle éprouva un horrible frémissement. Elle poussa un cri, et, l'œil dilaté, la figure contractée par l'épouvante, elle se précipita chez les Gendoux.
Elle tenait son enfant dans ses bras et le serrait convulsivement sur son sein. Elle ne put qu'articuler un gémissement rauque, et elle s'affaissa sur une chaise.
Gendoux et sa femme n'osaient questionner.
«Mais voyez donc, voyez donc! s'écria-t-elle enfin d'une voix déchirante. Il est mort, mon Dieu! il est mort! Et c'est moi, c'est moi peut-être qui l'ai tué! Je suis allée ce matin chez le pharmacien.... Hier, la dose n'était pas assez forte, et aujourd'hui....»
Sa tête se renversa et elle s'évanouit.
En cet instant, trois ouvriers entraient et descendaient l'escalier de bois. L'un d'eux alla chercher le médecin, et les autres aidèrent les Gendoux à transporter l'ouvrière sur son lit.