Mais il s'éloignait déjà avec le tableau, et elle entendit son pas pressé dans l'escalier. Alors elle se jeta sur son lit, et fondit en larmes de rage et de douleur.
La cloche du souper sonna sans qu'on la vît paraître.
Le maire, qui, sombre comme la nuit, venant d'entrer dans la cuisine, regarda sa place vide.
—Va appeler Léna, Loïzik! dit-il d'un ton impérieux.
Loïzik gravit précipitamment les marches, et, à la lueur fumeuse de la chandelle, vit sa cousine secouée par des sanglots, le visage enseveli dans son oreiller.
—Ma Lénik!... Qu'y a-t-il? Ne peux-tu l'oublier? Le bon Dieu t'enverra un bon mari, mignonne, et alors, tu comprendras que tout ceci n'est qu'un orage de mai....
Léna releva brusquement la tête, et montra sa figure marbrée.
—Ce n'est pas lui que je pleure, Loïzik; mais mon oncle devient pour moi un tyran, et je ne pourrai pas rester ici!
—Seigneur! ayez pitié de nous! Que dis-tu, Léna!... Il faut bien être patient avec ses parents, et l'oncle Alain est comme ton père! Il a peut-être des soucis, mais cela passera.
Léna la regarda, hésitante. Allait-elle lui dire son secret?