Quand le bruit des roues eut cessé de se faire entendre, Léna descendit dans la cuisine, où sa cousine préparait la pâte des crêpes.
—Es-tu mieux, ce matin, ma Léna?
—Mieux! Si tu m'aimes, tu demanderas que je meure bien vite!
Scandalisée, mais effrayée aussi, car une souffrance mystérieuse semblait vraiment miner la vie de sa cousine, Loïzik la regarda, les larmes aux yeux.
—Tu sais bien que si Dieu nous laisse ici-bas, c'est pour y faire sa volonté en travaillant ou en souffrant. Et si tu es malade, tu n'as pas le droit de te laisser mourir....
Elle alla vers Léna, et approcha tendrement sa joue fraîche du visage pâle de la jeune fille.
—Ne veux-tu pas me parler de tes peines, chérie? Je t'aime, tu sais!
Les lèvres de Léna tremblèrent.
—Non, je ne peux rien dire.... Tu es destinée à vivre près de l'oncle Alain, il est inutile de te faire constater combien son cœur est dur.
—Oh! Léna, dur en apparence, mais si sensible au fond! Il est si loyal, si sincère!