—Loyal! Sincère! Il m'a trompée!

Mais après cet éclat, qui terrifia Loïzik, elle refusa d'ajouter un mot.

Vers le soir, un incident inattendu vint rompre le pesant silence de cette journée. La femme qui servait d'exprès pour le télégraphe entra dans la cuisine, agitant un papier bleu. C'était là une chose extraordinaire; on ne recevait presque jamais de dépêche, au Coatlanguy.

—Et mon oncle qui est absent! s'écria Loïzik, cherchant dans sa poche une pièce de deux sous.

—Il y a une réponse à donner, une réponse payée, dit la porteuse, indiquant un papier passé en travers de l'enveloppe.

—Si encore Goulven était ici! Que faire, Léna? Peut-être est-ce mon oncle qui est malade.... Ou bien notre cousin le notaire demande qu'on le prenne au train....

—Pourquoi n'ouvrez-vous pas? demanda la femme. Puisqu'il y a une réponse à donner, c'est que c'est pressé; il n'y a peut-être pas de secret dans la dépêche, et souvent, c'est affaire de vie ou de mort.

—Alors, Léna, faut-il que j'ouvre?

—Je pense que oui.

Les doigts tremblants de Loïzik déchirèrent l'enveloppe, et elle jeta un regard craintif sur la petite bande imprimée collée à l'intérieur. Mais ses yeux, pleins d'embarras, se relevèrent presque aussitôt.