Un joyeux dimanche de juin.

Les cloches de Lanrouara s'ébranlent dans l'air tranquille, les paysans en habit de drap se pressent sur les routes, échangeant de tranquilles bonjours. Loïzik n'est pas de «grand'messe» mais le maire et son fils se dirigent vers l'église.

—Il faudrait inviter le recteur à dîner, Goulven, dit Alain, prenant le sentier du presbytère. Loïzik a mis la viande et le fars au four, et elle m'a bien recommandé de ramener le recteur.

Loïzik est maintenant Mme de Coatlanguy, et elle a pris insensiblement, aux yeux de son beau-père, une importance nouvelle. Elle dirige le ménage sans contrôle, et il s'incline volontiers devant son bon sens, surtout maintenant qu'elle a moins peur de lui.

—Voilà devant nous, dit le maire, s'interrompant tout à coup, un pauvre prêtre bien fatigué.... Il arrive de la gare, sans doute; il ne savait pas que la carriole ne fait pas de service, le dimanche....

Bien las, en effet, le curé de Boulommiers arrivait à pied, à jeun, surmontant sa fatigue pour célébrer sa messe. Il arriva au presbytère le premier, sans s'apercevoir que d'autres visiteurs le suivaient de près.

Le maire souleva le loquet de la porte, et entra tout droit dans la cuisine.

—Hé! Marie-Yvonne, je voudrais dire un mot au recteur.

—M. le recteur est avec un prêtre étranger qui veut dire sa messe tout de suite.... Les voilà qui sortent par la petite porte du jardin.... Il n'y a pas beaucoup de temps avant la grand'messe.

—Alors, faites-lui ma commission, je l'attends à dîner, sans faute.