—J'aimerais à prier sur la tombe de vos parents, murmura Landry, s'approchant de la jeune fille.
Elle le regarda avec une tristesse soudaine et presque inquiète.
—Ma mère repose ici, dit-elle, montrant une pierre qui, comme les autres, était à peine dégrossie.
Elle avait, le matin, placé sur la tombe une couronne de lierre et de chrysanthèmes communs, cueillis dans le jardin du manoir, et il lut avec difficulté les lettres creusées dans le granit au grain grossier: «Marie-Yvonne-Hélène Le Du, épouse d'Hervé Lebreton de Coatlanguy, décédée pieusement le 10 juillet 18..., à l'âge de vingt ans.»
—Elle est morte en me mettant au monde, dit Léna, baissant instinctivement la voix. J'ai cru longtemps qu'une espèce de malédiction pesait sur moi, pour avoir pris la vie de ma mère....
—Il ne faut pas penser à de pareilles choses, murmura Landry, impressionné, et éprouvant un frisson involontaire à l'idée du lien mystérieux qui existait entre cette tombe froide et la jeune vie brillante de Léna.
Le mot qu'elle avait prononcé: «J'ai pris la vie de ma mère», assombrissait soudain pour lui tout ce qui l'entourait.
—Et votre père? reprit-il, cherchant à secouer cette impression, fût-ce par une autre idée triste, mais différente.
L'expression d'angoisse passa de nouveau sur les traits de la jeune fille.
—Il n'est pas ici; il est allé mourir au loin, et je suis encore responsable de ce départ, de cette fin prématurée, puisqu'il est parti inconsolable du malheur dont ma naissance était cause.