Ils étaient maintenant sortis du cimetière, et Léna éprouva une sorte de soulagement visible, comme si un poids de tristesse était écarté d'elle.

—Puisque vous aimez les chants bretons, dit Loïzik, s'approchant d'eux avec son placide sourire, venez écouter Yann, l'enfant aveugle, qui dit le sône des trépassés.... Léna vous le traduira.

Un enfant de douze à treize ans, vêtu de bure, avec une figure pâle, des cheveux longs et des yeux vagues qui cherchaient le ciel sans rien voir, s'avançait, tenant la main d'une vieille femme en deuil.

—Chante le chant des morts, Yann, et tu auras une pièce blanche dit Léna s'approchant.

La figure intelligente du petit s'anima.

—La pennerez du Coatlanguy! s'écria-t-il, étendant sa main brune pour chercher la main de la jeune fille.

—Tu as bonne mémoire, petit Yann, car tu n'es pas venu depuis l'année passée. Yvonna, la soupe sera trempée pour vous au manoir, quand Yannik aura chanté.

Et l'enfant, d'une voix douce et monotone, commença le chant que les jeunes filles se tenaient prêtes à traduire pour Landry:

«Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, bonne santé à vous, gens de cette maison; bonne santé nous vous souhaitons: nous venons vous mettre en prière...

»C'est Jésus qui nous envoie pour vous éveiller, si vous dormez;