- Il faut parler à présent des six archevêchés et des trente-deux évêchés de la Nouvelle-Espagne, de ses îles et du Pérou.
- L'archevêché de la ville de los-Reyes, capitale de la province du Pérou, vaut trente mille écus de rente.
- L'évêché d'Arequipa, seize mille.
- L'évêché de Truxillo, quatorze mille.
- L'évêché de Saint-Francisco de Quito, dix-huit mille.
- L'évêché de la grande ville de Cuzco, vingt-quatre mille.
- L'évêché de San-Jean-de-la-Victoire, huit mille.
- L'évêché de Panama, six mille.
- L'évêché de Chilé, cinq mille.
- L'évêché de Notre-Dame de Chilé, quatre mille.
- L'archevêché de Bogota, du nouveau royaume de Grenade, quatorze mille.
- L'évêché de Popayan, cinq mille.
- L'évêché de Carthagène, six mille.
- L'évêché de Sainte-Marie, dix-huit mille.
- L'évêché de la Plata, de la province de los Charcas, soixante mille.
- L'archidiacre de cet évêché en a cinq mille; le maître des enfants de chœur, le chantre et le trésorier, chacun quatre mille; six chanoines, chacun trois mille.
Six autres dignités, qui valent chacune dix-huit cents écus, et l'on remarquera par la richesse du chapitre de la Plata, que les autres n'en ont guère moins.
L'ARCHEVÊCHÉ DE LA PLATA A POUR SUFFRAGANTS:
- L'évêché de Paz.
- L'évêché de Tucuman.
- L'évêché de Santa-Cruz de la Sierra.
- L'évêché de Paraguay de Buenos-Ayres.
- L'évêché del Rio de la Plata.
- L'évêché de Saint-Jacques, dans la province de Tucuman, vaut six mille écus.
- L'évêché de Saint-Laurent de las Barrancas, douze mille.
- L'évêché de Paraguay, seize mille.
- L'évêché de la Sainte-Trinité, quinze mille.
- L'archevêché de Mexico, érigé en 1518, vingt mille reales.
- L'évêché de los Angelos, cinquante mille reales.
- L'évêché de Valladolid, de la province de Mechoacan, quatorze mille écus.
- L'évêché d'Antequera, sept mille.
- L'évêché de Guadalaxara, province de là Nouvelle-Galice, sept mille.
- L'évêché de Durango, quatre mille.
- L'évêché de Merida, capitale de la province de Yucatan, huit mille.
- L'évêché de Gantiago, de la province de Guatemala, huit mille.
- L'évêché de Santiago de Léon, suffragant de l'archevêché de Lima, trois mille.
- L'évêché de Chiapa, cinq mille.
- L'archevêché de San Domingo, des îles espagnoles, primat des Indes, trois mille.
- L'évêché de San Juan de Porto-Rico, cinquante mille reales.
- L'évêché de l'île de Cuba, huit mille écus.
- L'évêché de Santa Anna de Coro, huit mille.
- L'évêché de Camayagua, capitale de la province de Honduras, trois mille.
L'archevêché métropolitain de Manille, capitale des îles Philippines, trois mille écus que le Roi s'est obligé de lui payer, par la bulle accordée en 1595. Le Roi paye de même tout le chapitre. Cet archevêché a trois suffragants: l'un dans l'île de Zebu, l'autre dans l'île de Luçon, le troisième à Comorin.
NOTE E.
LA CASA DE CONTRATACION.
La casa de contratacion formait le rouage principal d'une machine qui témoignait à la fois de l'ignorance et de la cupidité des Espagnols. Leur chimère était d'accumuler l'or entre leurs mains et d'en rester seuls possesseurs. Ils s'étaient réservé, en conséquence, le monopole de l'Amérique. La surveillance de ce monopole appartenait à la casa de contratacion; elle enregistrait les marchandises destinées à ce commerce, en constatait l'origine espagnole, et les expédiait ensuite par les galions et la flotte. Les gouverneurs du Mexique et du Pérou renvoyaient des lingots en échange. Ces lingots, une fois arrivés en Espagne, il s'agissait de les y conserver. Rien ne semblait plus simple; il suffisait d'ordonner que les payements à l'étranger se fissent exclusivement en monnaie de cuivre. Ce système parut d'abord fort avantageux. L'or afflua en Espagne; mais, en raison même de son abondance, il ne tarda pas à s'avilir. Le prix de toutes les denrées s'éleva à des taux exorbitants; les populations se plaignirent; les Cortès adressèrent des représentations au Roi. Nul ne soupçonnait la véritable cause de cette cherté. On l'attribua à la concurrence étrangère; on interdit en conséquence l'exportation des denrées du pays. La situation ne s'améliorant pas, on en revint à les taxer à des prix qui semblaient équitables, si on les comparait aux taux anciens, mais qui ne l'étaient plus en réalité. Les producteurs, ne faisant plus leurs frais, se découragèrent. Le malaise général fut encore aggravé par les exigences du fisc. Aux prises avec la Turquie, l'Angleterre, la France, les princes d'Allemagne, les Barbaresques, les Flandres révoltées, les Rois d'Espagne voyaient s'épuiser les ressources dont ils disposaient. Les trésors de l'Amérique ne faisaient plus que passer par leurs mains. Pour solder les dépenses de leurs armées, ils se trouvèrent dans la nécessité de recourir à des extorsions de tous genres, à des emprunts usuraires, à la banqueroute, enfin à l'altération des monnaies. Au milieu de ces secousses, l'industrie déclina rapidement. Les négociants espagnols, si intéressés qu'ils fussent au maintien de leur monopole, se virent dans la nécessité de recourir au commerce étranger. La fraude devint ainsi la base de toutes les relations avec l'Amérique. Il se forma à Cadix même une classe d'intermédiaires, les metadores, qui se chargèrent des intérêts de toutes les places de l'Europe. Ils expédiaient sous leur nom les marchandises qui leur étaient confiées, s'entendaient avec les agents de la casa de contratacion pour que l'origine n'en fût pas constatée, recevaient l'or en retour et rendaient compte de toutes leurs opérations avec une probité rigoureuse. Ils finirent par jouer ainsi un rôle immense dans le commerce de l'Europe, et contribuèrent à ruiner celui de l'Espagne, qui tomba aux mains des Français, des Anglais et surtout des Hollandais. Spectateur impuissant de cet état de choses, le gouvernement finit par renoncer lui-même à ses idées de monopole. Il n'en conserva pas moins la casa de contratacion, mais il s'en servit uniquement pour rançonner le commerce étranger. Conservant ainsi le droit de confisquer les marchandises qui n'étaient pas d'origine espagnole, il ne manquait pas de le rappeler à l'époque où la flotte de l'Inde allait mettre à la voile. De part et d'autre, on se comprenait. Les consuls de Cadix invitaient les négociants à offrir au Roi une somme qui dédommageât la couronne du tort que lui faisait la contrebande. Chacun se taxait en raison des intérêts qu'il avait engagés, versait la somme à la casa de contratacion qui fermait les yeux moyennant cette concession, connue sous le nom d'Indult.