«Dans le milieu créé par la religion de fraternité et d'égalité, les femmes trouveront, dès leurs jeunes années, les mêmes moyens et les mêmes conditions de développement de fonction et de rémunération, enfin les MÊMES DROITS, le même but social à poursuivre, que les hommes; et à mesure que les mœurs correspondront aux fins religieuses et morales de l'union, la loi vivante déduira les conséquences pratiques de tout ordre, contenues en germe dans le dogme de l'égalité complète des sexes.
«4o Monogamie et Indissolubilité.
«Pour comprendre la légitimité du mariage monogame illimité ou indéfini, il suffit de considérer: 1o les exigences de notre nature intime, c'est à dire les caractères de l'amour; son aspiration instinctive à l'union et à la fusion des deux êtres, à la durée et à la perpétuité; le besoin de se posséder réciproquement, et d'en avoir la foi pour s'aimer; enfin l'instinct, le désir, les affections irrésistibles, universelles, et les joies de la paternité et de la famille; 2o les conditions physiologiques de la génération, qui exigent la monogamie, pour que la reproduction et la conservation bonne et progressive de l'espèce soit assurée; 3o les exigences sociales et religieuses qui veulent que les rapports de tous genres soient prédéterminés et régularisés, afin que chacun ait sécurité dans son attente et dans sa possession, et que les penchants fondamentaux de notre nature aient la possibilité de se satisfaire..... Prétendre importer la Polygamie, la promiscuité, ou le bail légal dans un tel milieu (la Société Philadelphe), c'est évidemment décréter l'égoïsme et le bon plaisir de la chair dans le même temps qu'on proclame le devoir et la dignité. On ne conçoit pas que deux être moraux, liés une fois d'un amour pur, cessent de s'aimer, de se complaire, au moins de se supporter, lorsque déjà ils sont supposés aimer indistinctement leurs frères et sœurs avec dévouement et sacrifice.
«Encore moins conçoit-on que leurs frères et sœurs songent à détourner cet amour réciproque de deux d'entre la famille à leur avantage personnel; car on appelle cela infamie.»
M. Pecqueur admet cependant que, dans des cas fort rares, le divorce puisse être prononcé pour cause d'incompatibilité d'humeur. Dans ce cas, l'époux qui aurait tort serait exclu de la république et l'autre pourrait se remarier.
Selon M. Pecqueur l'indissolubilité du mariage ne regarde pas nos sociétés antagoniques; car l'auteur dit à la page 197:
«Le Divorce est un grand malheur, non seulement pour les époux, mais pour la religion; toutefois dans le monde de César où il s'agit de pure justice, c'est encore le moindre des maux, lorsque les individus sont résolus à la séparation de fait, et à la convoitise d'autres liens. On fait clandestinement le mal; on est cause ou occasion de tentation et de chute pour les autres. Le scandale est connu quoiqu'on fasse; de telle sorte que ni la société, ni les époux, ni les enfants, ni la morale ne trouvent leur bien à la consécration de la perpétuité absolue.
«Il n'est point charitable, il est impie de forcer à rester côte à côte, deux êtres dont l'un au moins maltraite, hait, exploite ou maîtrise l'autre. Il est également odieux de leur permettre la séparation de corps sans leur permettre en même temps de se livrer à des affections chastes, lorsqu'on y répond en honnêteté et liberté.»
Ainsi donc pour les Philadelphes, expliqués par M. Pecqueur, le Mariage est monogame, indissoluble intentionnellement; le divorce est une triste nécessité du monde actuel, tandis que la séparation est une chose immorale. Enfin la femme est libre et l'égale de l'homme.
Une autre secte communiste, celle des Icariens, ne s'occupe ni de la nature, ni des droits de la Femme. Son chef, M. Cabet, ancien procureur général, était trop imbu des doctrines du Code Civil, peu élégante paraphrase de l'apôtre Paul, pour ne pas être persuadé que la femme doit rester en dehors du droit politique, et qu'elle doit se subordonner à l'homme en général, et à son mari, bon ou mauvais, en particulier.