M. PROUDHON. Écoutez-moi sans plus davantage m'interrompre, si vous voulez me comprendre.
«L'homme, sans la grâce féminine, ne serait pas sorti de la brutalité du premier âge; il violerait sa femelle, étoufferait ses petits, ferait la chasse à ses pareils pour les dévorer.
«La femme est la conscience de l'homme personnifiée, l'incarnation de sa jeunesse, de sa raison et de sa justice, de ce qu'il y a en lui de plus pur et de plus intime, de plus sublime (3e volume. Justice, etc., p. 446).
«Idéalité de son être, elle devient pour lui un principe d'animation, une grâce de force, de prudence, de justice, de patience, de courage, de sainteté, d'espérance, de consolation, sans laquelle il serait incapable de soutenir le fardeau de la vie, de garder sa dignité, de se supporter lui-même, de remplir sa destinée.
«C'est par elle, par la grâce de sa divine parole, que l'homme donne la vie et la réalité à ses idées, en les ramenant sans cesse de l'abstrait au concret.
«Auxiliaire du côté de la justice, elle est l'ange de patience, de résignation, de tolérance, la gardienne de sa foi, le miroir de sa conscience, la source de ses dévouements. Vaincu, coupable, c'est encore dans le sein de la femme qu'il trouve la consolation et le pardon.»
L'homme a la force, la femme la beauté. Par sa beauté, elle doit être l'expression de la Justice «et l'attrait qui nous y porte..... elle sera meilleure que l'homme..... elle sera le moteur de toute justice, de toute science, de toute industrie, de toute vertu» (Id., p. 438).»
Aussi «la beauté est la vraie destination du sexe; c'est sa condition naturelle, son état (Id., p. 439).»
La femme est l'âme de tout: «sans elle toute beauté s'évanouit; la nature est triste, les pierres précieuses sans éclat; tous nos arts, enfants de l'amour, insipides, la moitié de notre travail sans valeur.
«Si, sous le rapport de la vigueur, l'homme est à la femme comme 3 est à 2, la femme, sous le rapport de la beauté, est aussi à l'homme comme 3 est à 2 (Id., p. 340).