Tous les Saint-Simoniens admettent que les deux sexes sont égaux;
Que le couple forme l'individu social;
Que le mariage est le lien sacré des générations; l'association d'un homme et d'une femme pour l'accomplissement d'une œuvre sacerdotale, scientifique, artistique ou industrielle;
Tous admettent le divorce et le passage à un autre lien; seulement les uns sont plus sévères que les autres sur les conditions du divorce.
Entre eux, il y a dissidence sur la question des mœurs. Olinde Rodrigues et Bazard n'admettaient pas de liaison d'amour en dehors du mariage. M. Enfantin professait, au contraire, la plus grande liberté en amour.
Nous devons ajouter qu'il ne donnait à son opinion qu'une valeur relative et provisoire, puisqu'il disait que la loi des relations des sexes ne pouvait être fixée d'une manière sûre et définitive que par le concours de la femme, et que, d'autre part, il prescrivait la continence à ses disciples les plus rapprochés, jusqu'à l'avènement de la Femme dont il se regardait comme le précurseur.
Au reste, pour donner à nos lecteurs une idée plus précise des sentiments des Saint-Simoniens sur ce qui touche la femme, citons quelques passages de leurs écrits:
«L'exploitation de la femme par l'homme existe encore, dit M. Enfantin; c'est ce qui constitue la nécessité de notre apostolat. Cette exploitation, cette subalternité contre nature, par rapport à l'avenir, a pour effet, d'un côté, le mensonge, la fraude, et d'autre part, la violence, les passions brutales: tels sont les vices qu'il faut faire cesser.» (Religion Saint-Simonienne, 1832, page 5.)
«La femme, avons-nous dit, est l'égale de l'homme; elle est aujourd'hui esclave; c'est son maître qui doit l'affranchir.» (Id., page 12.)
«Il n'y aura de loi et de morale définitives qu'alors que la femme aura parlé.» (Id., page 18.)