«Combattre et vaincre pour elle, c'est combattre et vaincre pour lui.»
Inspiré par ces excellents sentiments, le célèbre publiciste a recherché les causes de l'esclavage et de la dégradation de la femme, et les moyens de les paralyser.
Tout enfant a pour père le mari de la mère: tel est, selon M. de Girardin, le principe de ces deux grandes injustices: servage de la femme mariée; inégalité des enfants devant la loi qui les divise en légitimes et illégitimes.
Pour que les enfants soient égaux, pour que la femme soit affranchie du joug de l'homme, il faut, dit l'auteur, substituer le régime de la maternité à celui de la paternité; modifier le Mariage, et rendre la femme indépendante par l'institution et l'universalisation du douaire.
Laissons du reste M. de Girardin exposer lui-même sa doctrine. «Il faut, dit-il, choisir entre ces deux régimes:
«Entre le régime de la paternité présumée qui est le régime de la loi, et le régime de la maternité, portant elle-même sa preuve, qui est le régime de la nature; celui-ci conforme à la vérité incontestable, celui-là condamné par la statistique incontestée. Le régime de la paternité, c'est l'inégalité des enfants devant la mère et devant la loi, c'est la femme possédée et ne se possédant pas;..... ce n'est plus l'esclavage légal de la femme, mais c'est encore le servage conjugal.»
(Liberté dans le mariage, p. 66.)
«Sans l'égalité des enfants devant la mère, l'égalité des citoyens devant la loi n'est qu'une imposture, car évidemment et incontestablement, cette égalité n'existe pas pour 2,800,000 enfants, qui arbitrairement qualifiés d'illégitimes, sont mis hors du droit commun en violation de la loi naturelle.» (Id., p. 44.)
Selon M. de Girardin, les conséquences logiques du régime de la maternité seraient:
L'abolition du mariage civil;