Devant l'instruction nationale, elle est sacrifiée;
Devant le travail, elle est infériorisée;
Civilement, elle est mineure;
Politiquement, elle n'existe pas;
Elle n'est l'égale de l'homme que quand il s'agit d'être punie et de payer les impôts.
Je revendique le droit de la femme, parce qu'il est temps de faire honte au XIXe siècle de son coupable déni de justice envers la moitié de l'espèce humaine;
Parce que l'état d'infériorité dans lequel nous sommes maintenues, corrompt les mœurs, dissout la société, enlaidit et affaiblit la race;
Parce que le progrès des lumières, auquel participe la femme, l'a transformée en force sociale, et que cette force nouvelle produit le mal, à défaut du bien qu'on ne lui laisse pas faire;
Parce que le temps d'accorder des réformes est arrivé, puisque les femmes protestent contre l'ordre qui les opprime, les unes par le dédain des lois, des préjugés; les autres en s'emparent des positions contestées, en s'organisant en sociétés pour revendiquer leur part de droit humain, comme cela se fait en Amérique.
Enfin parce qu'il me semble utile de répondre vertement, non plus avec de la sentimentalité, aux hommes qui, effrayés du mouvement émancipateur, appellent à leur aide je ne sais quelle fausse science pour prouver que la femme est hors du droit; et poussent l'inconvenance et..... le contraire du courage, jusqu'à l'insulte, jusqu'aux outrages les plus révoltants.