2o Que vous leur laisserez administrer votre fortune, même contrairement à vos intérêts et à ceux de vos enfants;
3o Que, sans leur autorisation, vous ne pourrez ni plaider, ni rien entreprendre, ni rien vendre, ni rien recevoir, ni rien donner;
4o Que vous renoncez, tant qu'ils vivront, à toute autorité sur vos enfants; qu'ils pourront, s'ils le veulent, vous les enlever; vous reléguer loin d'eux, les faire élever par qui bon leur semblera, même par leur maîtresse; enfin les marier contrairement à votre volonté;
5o Que vous leur reconnaissez le droit de porter ailleurs leur amour, leurs soins, leur fortune et la vôtre, pourvu que la chose ne se passe pas sous votre toit;
6o Qu'enfin vous leur reconnaissez le droit si, délaissées, vous vous attachez à un autre, de vous traîner devant un tribunal, de vous déshonorer, de vous faire emprisonner avec les voleuses et les prostituées; que même, en pareille occurrence, vous les déclarez excusables de vous tuer.
Oui, Mesdames, vous pourriez stipuler tout cela, car M. de Girardin ne conteste à personne le droit de manquer de dignité et d'être imbécile; de quoi donc alors vous plaignez-vous?
Vous reprochez à M. de Girardin de faire de l'amour une spéculation! Voudriez-vous bien me dire ce que sont aujourd'hui la plupart des mariages où l'on a l'impudeur de spéculer même sur la mort! où l'on demande combien une jeune fille a de dot, d'espérances et quel âge ont les parents!
Répondez, femmes:
Est-il vrai que l'immense majorité des filles séduites sont mises, par la honte et la pauvreté, hors d'état d'élever leurs enfants?
Que, ce que vous nommez une première faute, pousse la plupart d'entre elles à faire trafic de leurs charmes?