Or, comme M. de Girardin n'est pas de ceux qui reculent devant les conséquences de leurs principes, nous sommes portée à croire qu'il admet pour la femme l'exercice du droit politique.

On me racontait qu'en 1848, un de ces tristes personnages qui n'ont ni assez d'intelligence pour être conséquents, ni assez de justice pour comprendre les opprimés, pérorait devant M. de Girardin, contre les prétentions qu'avaient certaines femmes d'entrer dans la vie politique. Pourquoi pas? aurait demandé M. de Girardin. Croyez-vous que Mme de Girardin déposerait dans l'urne électorale un vote moins intelligent que celui de son valet de chambre?

Si cette anecdote est vraie, l'opinion du publiciste sur le droit politique de la femme n'est pas douteuse.

La liberté dans le Mariage a soulevé, parmi les collets montés, une tempête d'indignation plus ou moins vraie; pendant quelque temps il a fallu du courage pour se déclarer hautement champion (féminin) de l'auteur.

Abolir le Mariage! s'écriaient les unes en se voilant la face d'un air pudibond.

Faire de l'Amour une spéculation! s'écriaient d'autres qui, apparemment, avaient conservé leur sainte innocence et leur sainte ignorance baptismales.

Voyons, Mesdames, leur disait-on, trêve à la délicatesse et à la sentimentalité de convention. Que les hommes se laissent prendre à notre masque, rien de plus simple; mais entre femmes, à quoi bon jouer la comédie?

M. de Girardin ne supprime pas réellement le Mariage; il le transforme sous quelques rapports, et le laisse intact sous le point de vue religieux. Donc, si son système prévalait, vous pourriez vous marier devant les ministres de vos cultes respectifs, absolument comme la chose avait lieu il y a quelque soixante-dix ans, et vous ne seriez pas plus scrupuleuses que vos grand'mères qui se croyaient alors suffisamment mariées.

D'autre part, en supprimant le Mariage civil, l'auteur n'interdit pas telles ou telles stipulations particulières: donc, pour peu que vous ayez la religion du Code, il vous serait loisible de stipuler dans votre contrat notarié:

1o Que vous serez soumises à vos maris;