C'est en prévision des excommunications lancées par vous contre ce vil instinct, cet instinct inutile, que la nature a prodigué du camphre.

En somme vous voyez, lectrices, que si M. Comte nous croit moins fortes que l'homme de corps, d'esprit, de caractère, en revanche il nous croit meilleures que lui.

Nous sommes la providence morale, des anges gardiens: il rêve pour nous l'affranchissement par le renversement d'une loi naturelle.

Mais en attendant il nous place sous le joug de l'homme en nous dispensant du travail;

Il rive nos fers, en nous engageant patelinement à nous dépouiller de notre avoir;

Il nous dit de la plus douce voix du monde: ne commandez jamais: cela vous dégraderait;

Votre grande force est d'obéir à celui que votre destinée est de diriger.

Vous ne serez rien dans le temple, rien dans l'État;

Dans la famille vous êtes prêtresses domestiques, les auxiliaires du sacerdoce.

Trois sacrements sur neuf vous sont refusés: celui de la destination parce que, pour vous, il se confond avec celui du mariage; celui de la retraite, parce que vous n'avez pas de profession; enfin celui de l'incorporation, parce qu'une femme ne peut, par elle-même, mériter une apothéose personnelle et publique.