Votre colère n'a point de bornes contre G. Sand, notre grand prosateur, l'auteur des bulletins de la république de 48. Vous dépréciez Mme de Staël, que vous n'avez pas lue, et qui était plus avancée que la plupart des écrivains mâles de son époque.
Deux échafauds se dressent, deux femmes y montent: Mme Roland et Marie-Antoinette. Ce n'est pas moi, femme, qui jetterai l'insulte à la reine décapitée, mourant avec dignité, avec courage; non, devant le billot je m'incline et j'essuie mes larmes, quelle que soit la tête qui vienne s'y poser. Mais enfin Marie-Antoinette mourait victime des fautes que lui avait fait commettre son éducation princière contre les principes nouveaux, tandis que Mme Roland, la chaste et noble femme, mourait pour la révolution et mourait en la bénissant.
D'où vient que vous saluez la reine de vos sympathies et que vous n'avez, pour la révolutionnaire, que des paroles de blâme et de dédain?
Et les hommes qui appartiennent au grand parti de l'avenir, comment les traitez-vous?
Les Girondins, femmelins;
Robespierre et ses adhérents, castrats;
Le doux Bernardin de Saint-Pierre, femmelin;
M. Legouvé et ceux qui pensent comme lui sur l'émancipation des femmes, femmelins;
M. de Girardin, absurde;
Béranger, pitoyable auteur et femmelin;