Je vous ai patiemment écoutée lorsque vous m'avez dit, en le disant de toutes les femmes:
Vous êtes inerte, passive, vous n'avez le germe de rien;
Vous êtes un intermédiaire entre l'homme et l'animal, vous n'avez pas de raison d'être;
Vous êtes immorale; impudique, imbécile, aristocrate, ennemie de la liberté, de l'égalité et de la justice;
A votre tour, tâchez de m'écouter tranquillement pendant que je réfuterai vos dires par des faits, par la science et par la raison.
III
Il n'y a, de votre propre aveu, qu'une bonne méthode de démonstration, c'est celle d'appuyer toute affirmation sur des faits bien établis, non contredits par d'autres, légitimement sériés.
Voyons comment vous avez suivi cette méthode.
Pour nous prouver que la femme thétique ou considérée en dehors de l'influence de l'homme, est telle que vous la dépeignez, il faut, d'après la méthode rationnelle, que vous nous mettiez en présence d'une ménagerie de ces femmes, puis d'une autre ménagerie composée d'hommes n'ayant jamais subi l'influence de la femme, afin que nous puissions vérifier par nous-mêmes l'activité native de ceux-ci et l'inertie native de celles-là. Avez-vous eu à votre disposition, avez-vous à la nôtre ces preuves de fait?
Non: et si vous ne les avez ni ne pouvez les avoir, qu'est-ce que votre thèse, sinon l'illusion d'un cerveau malade d'orgueil et de haine pour la femme?