C'est dans l'établissement et le maintien de cette hiérarchie que consiste le grand devoir Autonomique, ou de gouvernement de soi par soi.
Ainsi, dans ce premier ordre de rapports, il y a Droit de chaque faculté à s'exercer;
Droit de chacune d'elles à son excitant propre;
Mais en même temps Devoir pour chacune de ne s'exercer que pour le bien de l'ensemble; c'est à dire de ne jamais dépasser ses limites et pour cela d'obéir à la Raison.
Ainsi celui qui donne la prédominance à ses instincts nutritifs, opprime habituellement en lui les facultés intellectuelles, et développe les instincts égoïstes aux dépens des instincts de Justice et de Sociabilité: il viole son Devoir autonomique.
Celui qui, par une exaltation vicieuse de son imagination, refuse à ses facultés nutritives l'exercice auquel elles ont droit, affaiblit la Raison, exalte l'orgueil jusqu'à l'intolérance, met la folie dans le domaine intellectuel et moral: celui là viole aussi le Devoir autonomique.
La Sagesse et le Devoir sont, je le répète, de soumettre notre être tout entier à la Raison: l'exaltation même du sens de la Justice, le plus élevé de tous, est un mal.
V
Quelle sera la règle du Droit et du Devoir dans nos rapports avec la nature, avec les êtres sensibles des espèces inférieures? L'être humain, Raison, Justice, Liberté, a Droit sur les créatures de son globe à deux titres: d'abord pour sa conservation, puis comme pouvoir harmonisant.
D'éminents penseurs m'arrêteront ici pour me dire: vous confondez le fait avec le Droit. Ce dernier est une création de la Conscience humaine; il n'existe que de l'être humain à son semblable parce qu'il suppose la réciprocité, et la possibilité d'une revendication devant une autre conscience.