I
APPEL AUX FEMMES.
Femmes de Progrès, c'est à vous que j'adresse la dernière partie de ce livre. Prêtez l'oreille à mes paroles au nom du bien général, au nom de vos filles et de vos fils.
Vous dites: les mœurs se corrompent; les lois, en ce qui concerne notre sexe, ont besoin d'une réforme.
C'est vrai: mais pensez-vous que constater le mal, suffise pour le guérir?
Vous dites: tant que la femme sera mineure dans la Cité, l'État, le Mariage, elle le sera dans l'atelier social, elle sera forcée de vivre de l'homme: c'est à dire de l'avilir en s'abaissant elle-même.
C'est vrai: mais croyez-vous que, constater ces choses, suffise pour remédier à notre abaissement?
Vous dites: l'éducation que reçoivent les deux sexes est déplorable au point de vue de la destinée de l'humanité.
C'est vrai: mais croyez-vous qu'affirmer cela, suffise pour améliorer, transformer les méthodes d'éducation?
Est-ce que les paroles, les plaintes, les protestations peuvent changer quelque chose?
Ce n'est pas se lamenter qu'il faut: c'est agir.