Un notaire, dis-je, qui aurait rédigé ce contrat, serait dépouillé de sa charge, puis confié aux aliénistes, et le contrat serait nul comme contraire à la loi, aux bonnes mœurs et à l'ordre public.

Comprenez-vous, Madame, pourquoi les femmes, beaucoup plus intelligentes et indépendantes qu'autrefois, se marient beaucoup moins?

Comprenez-vous pourquoi les filles du peuple, qui ont vu si souvent leurs mères malheureuses et dépouillées de leur pauvre avoir, se soucient beaucoup moins de se marier?

On blâme les femmes!... C'est la loi qu'il faut blâmer et réformer.

Car les mauvaises lois produisent les mauvaises mœurs.

LA JEUNE FEMME. Ce que vous dites là est bien vrai: sur vingt ménages, il n'y en a quelquefois pas un où l'on n'entende dire à la femme: Ah! si j'avais su!

Si l'on nous mariait moins jeunes et que nous connussions la loi, assurément les mariages deviendraient de moins en moins nombreux.

Pour en finir avec cet examen de la loi, encore une question, Madame. Est-ce que l'apport de la femme n'a pas hypothèque sur les biens du mari?

L'AUTEUR. Sur quels biens la femme ouvrière reprendra-t-elle son ménage vendu?

Sur quels biens les femmes de négociants dont la dot a servi à payer le fonds du mari, reprendront-elles cette dot en cas de mauvaises affaires?