Encore un mot, et nous aurons fini.

Quand Rome eut cessé de croire à la chasteté, à la religion du serment; quand elle se vautra dans les mœurs polygamiques et polyandriques; quand elle prit le plaisir pour but, la tyrannie se montra. Rien de plus naturel: l'homme n'enchaîne que celui qui s'est enchaîné lui même sous le joug de l'instinct bestial: celui qui sait se gouverner, n'obéit pas à l'homme: il ne s'incline que devant la loi, lorsqu'elle est l'expression de la Raison.

Rappelle-toi, mon fils, qu'on n'est puissant que par la chasteté: c'est seulement alors qu'on peut produire de grandes choses dans la science, l'art, l'industrie; c'est seulement alors qu'on peut pratiquer la Justice, être digne de la liberté. En dehors de la chasteté, il n'y a que dégradation, injustice, impuissance, esclavage; et toute nation qui l'abandonne tombe des bras du despotisme dans la tombe.

Ne te laisse donc pas ébranler par les sophismes modernes; aie toujours devant ta pensée tes obligations de créature morale et libre, tes devoirs de membre de l'humanité; soumets tout en toi à la Raison, à la Justice, au sentiment de ta dignité et vis en homme, non pas en brute.

[ 150]

CHAPITRE III.
MARIAGE (DIALOGUE).

I

LA JEUNE FEMME. Nous allons parler du Mariage au point de vue de l'idéal moderne: comment le définirez-vous?

L'AUTEUR. L'amour, sanctionné par la Société.