LA JEUNE FEMME. Considérez-vous le Mariage comme indissoluble?

L'AUTEUR. Devant la loi, non; mais au moment de leur union les époux doivent avoir pleine confiance que le lien ne se dissoudra pas.

Je crois que le Mariage est appelé à devenir indissoluble par la seule volonté des époux; qu'il ne peut l'être que de cette manière.

LA JEUNE FEMME. Quelle part faites-vous à la Société dans le Mariage?

L'AUTEUR. Vous la fixerez vous-même, en vous rappelant nos principes.

Si l'homme et la femme sont des êtres libres, dans aucune période de leur vie, ils ne peuvent légalement et valablement perdre leur liberté.

Si l'homme et la femme sont des êtres socialement égaux, dans aucun de leurs rapports, ils ne peuvent légalement, valablement être subordonnés l'un à l'autre.

Si le but constant de l'être humain est de se perfectionner par la liberté et de chercher le bonheur, aucune loi ne peut légitimement, valablement le détourner de cette voie.

Si le but de la Société doit être d'égaliser les individus, elle ne peut, sans forfaire à sa mission, constituer l'inégalité des personnes et des droits.

Si la Société ne peut, sans iniquité, entrer dans le domaine de la liberté individuelle, elle ne peut légitimement, valablement, prescrire des devoirs qui ne relèvent que du for intérieur, et annuler la liberté morale.