Figurez-vous que maman y avait entassé des robes, des bas, des gâteaux, du vin, du pain, des poulets, des bonbons... Je donnai tous les miens aux petits frères, qui me faisaient rire. aux larmes en les avalant tout ronds.

Je prêtai aussi ma poupée à Marie. Elle osait à peine y toucher, et disait avec admiration à la vieille aveugle:

—Oh! grand'mère! si tu voyais comme elle est gentille. Un vrai bébé vivant!

La pauvre grand'maman pleurait, elle... C'est drôle comme les vieilles gens pleurent toujours, même quand ils sont heureux.

Elle tenait les mains de maman et disait en secouant sa tête blanche:

—Que le bon Dieu vous bénisse, bonne petite dame! Que le bon Dieu vous bénisse!

Elle répétait constamment les mêmes paroles en sanglotant.

Mais les orphelins étaient bien heureux.

Ils dévoraient les tartines que Marie leur distribuait, et allaient tous en offrir un morceau à leur bonne vieille maman.

—Ne sois pas triste, grand'mère, nous n'avons plus faim! criaient-ils tous ensemble, sans toutefois perdre l'occasion d'enlever d'énormes bouchées à leurs gâteaux ébréchés.