La rentrée de la chère absente avec son attrayant cortège chassa le laid fantôme du désespoir qui était venu s'asseoir au foyer.
La mère ravivée, berçant longuement entre ses bras le bébé retrouvé, oublia toutes les angoisses des dernières heures. Le bonheur qui n'attendait que ce signal éclata dans la masure un instant assombrie... Car le petit Noël avait aussi passé là, jetant dans les sabots la semence d'or qui donne la paix du coeur, l'insouciance heureuse et la fraîcheur colorée d'une vigoureuse jeunesse.
Pour récompenser la charité d'une mère, Dieu avait donc mis dans un palais le don inestimable qu'il réserve à ses amis les pauvres. Il y avait déposé le rare bien, l'unique trésor en cette vallée de larmes.
LE JOUR DE L'AN AU CIEL
A mes trois petites amies,
Héva, Constance et
Marie-Paule,
Au ciel il ne fait ni jour ni nuit. Dans cet heureux séjour luit constamment une splendide lumière, faite de toutes les aurores que le bon Dieu garde en réserve pour nous les dispenser une à une, de tous les rayons que nous verse journellement sa munificence sans jamais en épuiser le trésor, et de tous les astres éblouissants qui lui restent à semer encore dans les espaces azurés.
A la vérité, tout cela serait bien insuffisant pour éclairer l'immensité du céleste royaume, si la toute-puissance du Créateur lui-même ne l'illuminait d'un divin et suave reflet devant lequel le soleil pâlit.
C'est bien beau le paradis!... C'est si beau, si beau, que les hommes n'osent pas essayer de le décrire!
Pourtant, à certains moments, paraît-il, le ciel retentit d'harmonies inaccoutumées, et semble encore, si c'est possible, rayonner de clartés plus magnifiques. Le jour de Noël, par exemple, c'est grand gala, assure-t-on.
Je vais vous dire ce qui m'est arrivé, à travers les nuages des enivrants échos de ces fêtes.