Les lyres d'or des séraphins vibraient encore des accents du beau concert de Noël.
Déjà les élus les plus anciens—semblables aux bons vieux serviteurs qui ne s'attardent jamais dans l'accomplissement d'un devoir—se relevant de leur longue adoration aux pieds de l'Enfant-Jésus, dont c'était la fête spéciale, songeaient à retourner à leurs postes respectifs.
Saint Pierre regagnait sa loge de concierge d'un pas alerte. (On sait qu'au ciel, le grand âge n'est pas un fardeau.)
Sainte Cécile, qui s'était particulièrement surpassée par des élans d'extatique inspiration, remettait sa harpe dans son riche étui.
Les petits anges folâtres, reprenant leurs jeux, se poursuivaient en agitant leurs ailes blanches, jusqu'auprès de de la belle Vierge qui souriait à leurs ébats, et sous la surveillance du grand maître des angéliques légions, sain Michel.
Le vainqueur de Satan conservait l'allure formidable qui convient à un héros guerrier. Il n'effrayait pas cependant, avec son grand glaive—celui précisément qui lui servit dans son fameux combat avec Lucifer—les petits soldats de son armée; quelques-uns d'entre eux se réfugiaient jusque dans les plis de ses ailes pour échapper aux espiègles assauts de leurs frères.
—Ah! maintenant, disait à d'autres bienheureux un beau vieillard, il me faut songer à mes enfants de là-bas!
Savez-vous qui il appelait ainsi, ce beau vieillard? et soupçonnez-vous un peu ce qu'il pouvait être lui-même?
Ce vénérable personnage n'était autre que le fameux Santa Claus. Et ses enfants?... C'étaient vous, c'étaient toutes les fillettes sages qui ont mérité des étrennes.
Mes chères amies, je ne voudrais pas être obligée de vous énumérer toutes les choses inouïes, renfermées dans le magasin aux étrennes dont notre vieil ami avait la charge.