Cela me prendrait bien plus de temps qu'il ne lui en fallut pour les verser toutes dans ses énormes sacs.

Vous savez les superbes caresses que les fées d'autrefois faisaient surgir de modestes citrouilles, et les toilettes magiques qu'elles donnaient à leurs filleules!... Vous avez vu dans l'histoire de Cendrillon de quels adorables bijoux ces mystiques dames couvraient leurs protégées?... Eh bien, tout cela n'était rien à comparer au riche bagage de Santa Claus.

Songez-y! Il y avait là de quoi réjouir tout un univers de petits enfants!

Quand le messager de la bienfaisance divine traversait le ciel, courbé sous le poids de ses trésors, pour aller prendre congé du souverain Maître et recueillir ses instructions, le bruyant cortège des anges s'arrêtait pour le regarder passer.

Il se trouvait même des élus qui avaient été d'austères pénitents sur la terre, et qui s'amusaient naïvement à examiner ses délicieux bibelots.

Saint Jérôme, par exemple, et d'autres saints qui ont toujours vécu dans le désert, et qui n'avaient jamais vu de joujoux, s'extasiaient littéralement devant tous ces chefs-d'oeuvre de la paternelle libéralité du bon Dieu.

—Il y en a pour tout le monde? demanda le Petit-Jésus. Mes enfants seront tous heureux?

Santa Claus le croyait bien.

Il partit donc avec une troupe d'anges.

Ces anges sont pour le servir dans sa charitable tournée. Ils se glissent doucement à l'intérieur des maisons, et déposent dans les mignons souliers l'envoi du divin ami de l'enfance.