Mais elle, au sein de la félicité et de l'extase des cieux, disait aussi:

—Pauvres, pauvres mortels!

HISTOIRE DE DEUX SERINS

Petite fable

Le soleil avait souri, à travers les branches dénudées, d'un sourire plein de promesses; les bourgeons avaient percé la dure écorce, les corolles s'entr'ouvraient fraîches et rieuses, et les arbres, jasant avec la brise, balançaient leurs dômes verdoyants au-dessus des sources grondeuses.

Les oiseaux revenaient par essaims pour fêter la naissance des vertes feuillées, et celle des marguerites, leurs petites amies des champs.

Les nids moelleux s'équilibraient aux jointures des branches; déjà leurs hôtes se gazouillaient tout bas leurs espérances pour la nouvelle couvée.

A la cime d'un grand chêne, tout une famille de serins saluaient, certain matin, l'aurore de son premier jour.

Le ruisseau qui dort, sous les grosses branches de l'arbre géant, le rayon de soleil qui miroite sur la feuille humide au bord du nid, le coin d'azur à travers le rideau de feuillage, cette verdure flottante qui les berce avec de caressants murmures, toutes ces nouveautés ravissantes qui se révèlent à leurs regards étonnés, tiennent hors du nid les têtes curieuses de ces êtres naissants.

L'horizon empourpré, la source éblouissante qui bondit sur le flanc de la montagne, les flocons blancs dans le bleu du ciel, tout cela a des tons chatoyants et séducteurs, des appels gros d'attraits et de promesses pour les nouveaux éclos.