La grotte de sapins s'emplit d'ombres, et au milieu d'un vilain brouhaha, on les entraîne dehors où le vent glacé les soufflette au visage.

Sans un mot ils se laissent tasser, encapuchonner, envelopper dans les fourrures, sentant gronder en eux une sorte de mauvaise humeur rageuse qui se fond bientôt en un immense besoin de dormir.

A la maison on les sort de leur nid comme des sacs de farine—par les deux bouts.

On les déshabille, on les couche sans qu'ils en aient conscience, sans qu'ils prennent même part à ce fameux réveillon dont ils ont vu les apprêts alléchants, et qui devait, dans leur espoir d'hier, couronner si délicieusement la fête.

Leurs nerfs agités se reposent, dans un sommeil de plomb, de la secousse qu'ils ont subie.

Et ce sera demain le débordement des impressions, les emportements, les questions sans nombre, l'adorable histoire enfin des âmes neuves s'ouvrant une première fois à la perception des choses de la vie.

Et, certes, sous quel plus pur et plus chaud rayonnement que celui de la crèche divine; à quelle plus belle aurore pouvait s'opérer cette fraîche éclosion!

Vive Noël toujours pour les mignons et les innocents!

HIER ET DEMAIN

Un conte du jour de l'an
pour le grand monde.