J'espère vous avoir détournée pour toujours de l'idée insensée de vous lier où vous êtes par des voeux religieux. Il me semble, au contraire, que si M. de Valorbe ne vouloit pas s'éloigner des environs de votre demeure, vous feriez bien de quitter la Suisse, et de venir vous établir près de moi, lorsque Léonce sera retourné à Paris. Vous savez quel bonheur j'éprouverois, en étant pour toujours réunie avec vous!
LETTRE XXIII.
Delphine à mademoiselle d'Albémar.
Ce 28 mars.
Remettez ce billet à Léonce, ma soeur; vous ne savez pas dans quel abîme de douleur je suis tombée! qu'il l'ignore surtout, et vous-même aussi…. Adieu, ne pensez plus à moi. Un événement cruel, inouï, fixe mon sort, et me rend désormais toute consolation inutile; adieu.
Delphine à Léonce.
Je jure à Léonce de ne jamais revoir M. de Valorbe; je lui proteste, pour la dernière fois, qu'il doit être content de mon malheureux coeur; maintenant, qu'il ne s'informe plus de ma destinée, et qu'il retourne auprès de Matilde.
LETTRE XXIV.
Mademoiselle d'Albémar à Delphine,
Montpellier, ce 6 avril.