—Eh bien! je vous promets de ne pas marcher plus vite que vous et d'aller où vous irez.
—Cela est fort bien, reprit l'abbé; mais il peut vous prendre quelque fantaisie à laquelle il faudrait que je m'opposasse, et comme je n'en aurais aucun moyen, vous pourriez m'attirer une mauvaise affaire.
—Je veux bien, dit Armand, m'engager à vous obéir le temps de la promenade.
—A la bonne heure, je vais dire à M. de Saint-Marsin que vous renoncez à la convention, et que vous rentrez sous l'autorité.
—Non pas, non pas, ce n'est que pour le temps de la promenade.
—Ainsi, reprit l'abbé, vous voulez non-seulement faire votre volonté, mais me la faire faire à moi; vous voulez que je reprenne l'autorité quand cela vous est commode, et que j'y renonce quand vous n'en voulez plus. Je vous dirai à mon tour: Non pas, non pas. Si je consens à reprendre l'autorité, ce sera pour la garder: ainsi, mon cher Armand, il faut vous décider ou à renoncer à la convention, ou à vous passer désormais de promenade.
—Papa veut que je me promène, reprit Armand d'un ton assez sec.
—Oui; mais il n'exige pas que je me promène pour vous quand je ne puis vous être bon à rien: il n'avait de droit sur mes actions que par celui qu'il me donnait sur les vôtres; quand il me confiait une partie de son autorité, il était bien simple qu'il réglât la manière dont il voulait que j'en usasse; à présent qu'il ne me confie plus rien, de quoi aurais-je à lui rendre compte?
—Au fait, dit Armand, je ne sais pas ce qui m'empêcherait de sortir seul.
—Personne au monde ne s'y opposera, vous êtes libre comme l'air.