—Ta clef, n'as-tu pas peur qu'on ne te la mange?

—Non, mais je ne veux pas qu'on aille voler les fruits du jardin de mon oncle, comme le panier de pêches et le saucisson; et Charles se débattait toujours, et Antoine le retenait.

—Le grand mal, disait Louis, quand on ramasserait les fruits qui sont à terre à se pourrir! Et Charles, qui savait bien qu'on en prendrait d'autres, se débattait encore plus fort.

—Il faudra bien que vous me laissiez aller à la fin, disait Charles, et alors j'irai dire à mon oncle de se faire rendre sa clef.

—Et moi je lui dirai, répondit Antoine, de me faire rendre mes quatre sous.

—Eh bien! laisse-moi aller; je ne dirai rien.

—Promets-le, foi de brigand.

—Je ne suis pas brigand.

—Tu l'es, tu l'es, dirent les petits garçons en se prenant la main et en se mettant à sauter autour de lui de manière à l'empêcher de sortir.

—Promets foi de brigand. Charles trépignait, pleurait, faisait des efforts inutiles. Il lui fallut promettre foi de brigand qu'il ne dirait rien, et qu'il payerait les quatre sous le lendemain, c'est-à-dire qu'il donnerait ce qu'il n'avait pas; mais Charles s'était engagé, par ses premiers torts, dans une mauvaise route où il ne pouvait plus faire que des fautes.