La grande soeur eut de la peine à les calmer.
—Comment, un jour de Noël, se battre! c'est bien mal! grondait-elle doucement. Maggie, tu me fais beaucoup de chagrin!
Elle promit à Lucette de faire arranger le bijou, et, en attendant, lui prêta une de ses bagues. La petite était repentante; l'autre boudait.
La jeune fille regarda la pendule: midi et quart!
—Il faudrait vite déjeuner. Maggie, va dire à Agnese de venir mettre le couvert. Vos amies arrivent vers deux heures; il faut, avant, que l'on ait mangé à la cuisine et que la salle à manger soit débarrassée.
L'enfant revint.
—Agnese dit qu'elle n'est pas prête. Elle veut, d'abord, finir les chambres. Elle grogne et prétend qu'elle a plus d'ouvrage qu'elle ne peut en faire aujourd'hui.
—Je l'ai pourtant fait aider.
Nadine allait sonner pour faire venir l'insolente et la forcer à obéir, mais elle se contint. La femme de chambre avait mauvais caractère, c'était vrai; pourtant, au fond, elle était dévouée et honnête. Comme la cuisinière, elle avait été choisie et dressée par Mme Meydan; cela seul leur donnait à toutes les deux une grande valeur aux yeux de la jeune maîtresse de maison. Et puis, dans ce coin perdu de montagne, il était si difficile d'avoir de bonnes servantes! Toutes voulaient s'en aller en ville pour gagner davantage. De plus, M. Meydan était accoutumé à leurs soins; ne valait-il pas mieux supporter quelque chose que de l'exposer à être moins bien servi? Les domestiques sentaient tout cela et en abusaient.
—Bon! fit la grande soeur. C'est moi qui mettrai le couvert. Enfants, venez m'aider!