—C'est que, vois-tu, moi micot[4] je n'ai que toi au monde à aimer, que toi pour m'aider et pour me donner du contentement. Si tu savais comme cela me peine quand tu fais le mal! Tu es tout pour moi! Et puis, je sens si bien qu'il faudrait un homme pour te montrer comment faire; je ne sais que t'aimer et te soigner, moi; je n'ai pas le courage de te battre et de te punir. Tu ne m'en feras pas repentir, dis, hilhot de mon coeur, tu marcheras droit comme ton pauvre père?

Note 3:[ (retour) ] Jolie mère.

Note 4:[ (retour) ] Petit ami.

—Oui, oui, Maï, tu verras!

—Il faut, d'abord, te dépêcher d'apprendre à écrire et à compter, faute de quoi tu te laisserais voler, plus tard, par les gens de la plaine qui sont si rusés. Puis, quand tu sauras, tu m'aideras à bêcher le jardin, à labourer le champ et à soigner les bêtes: bien est besoin d'un homme, pour tout cela. Les ouvriers, vois-tu, ça travaille très peu et ça coûte très cher: c'est la ruine des maisons. Toi, tu seras le maître.

—Oui... et l'histoire?

—Sens-tu la chaleur du feu sur tes pieds, les pieds du petit enfant de maman qui est devenu un gros garçon méchant? Es-tu bien, là? Comme tu es grand et lourd, maintenant! J'en ai plein les bras, de toi, comme lorsque je porte une belle gerbe de blé!

—Allons, raconte: Il y avait une fois...

—Ah! petit capbourrut. Il y avait une fois un vilain enfant gâté qui faisait faire bien du mauvais sang à sa pauvre mère qu'il n'aimait pas.

—Ça, ce n'est pas vrai, je t'aime!