—Je comprends, il est mort.

—Non, il n'est pas mort.

—Alors, où il est?

—Il est parti.

—Bien loin?

—Très loin.

—Et ce soir, cela ne t'en fait pas, de la peine, de parler de lui?

—Ce soir, au contraire, c'est drôle, je ne sais pas pourquoi, j'ai envie de chanter, de rire. Mon coeur bat: tiens, mets ta main là, sens tu comme il tape fort?

—Oui. Pourquoi ce soir et pas les autres jours?

—Je n'en sais rien, c'est comme cela. Est-ce que l'on sait pour quelle raison l'on souffre une fois plus qu'une autre? Le coeur, sans doute, a besoin de se reposer de souffrir, comme le corps, de travailler.