—Et tu m'aimes autant que ton petit garçon?

—Je t'aime beaucoup. Tu es ma consolation, ma joie.

—Oui; mais tu l'aimes plus «à» lui, dis?

—Non. Seulement toi, tu es là, je t'embrasse, je puis te soigner; lui est loin; il est seul, peut-être, il n'a personne pour l'aimer; alors, tu comprends, il faut que je l'aime beaucoup pour tout ce qui lui manque.

—C'est vrai. Alors il était bien, bien gentil, ton petit garçon? Aussi gentil que moi?

—Oh! oui!

—Comment s'appelait-il?

—Jean, mais je l'appelais Yanoulet.

—Comme cela, il n'est pas mort? Il s'est en allé? Pauvre Yanoulet, je l'aurais bien aimé s'il était resté. Je n'aurais pas été toujours seule; nous serions descendus à l'école ensemble, comme Jacques et Marie de Lousteau. Mais pourquoi est-il parti? Il ne t'aimait donc pas lui? Moi, je ne voudrais pas te laisser, jamais.

—Si, il m'aimait bien, mais il a été entraîné par de mauvais camarades, il a fait des vilaines choses et n'a pas osé revenir me trouver. Il est parti et je ne sais pas où il est.